Ghostland : un film d’épouvante réussi ?

Je suis allée voir Ghostland, prête psychologiquement à être recroquevillée durant toute une séance. Je vais donc vous partager mon avis concernant ce film, qui fait parti d’un genre que je n’apprécie pas particulièrement, mais qui ne me débecte pas pour autant.

La bande-annonce a-t-elle fait son boulot ?

Bonne nouvelle, la bande-annonce n’a pas du tout dévoilé la trame narrative du film et n’était qu’une très infime part de l’histoire. Comme annoncé dans mon commentaire sur celle-ci, les images étaient entrecoupées et défilaient relativement vite, ne laissant pas vraiment de place à une compréhension réelle de l’histoire. En effet, on y voit les personnages, quelques bribes de scènes mais rien de suffisamment précis pour comprendre la chronologie de ces scènes ni l’histoire globale. Néanmoins, la bande-annonce n’est pas pour autant mensongère, elle joue juste le jeu du film, ce que j’ai trouvé appréciable car il y a – de ce fait – une réelle valeur ajoutée au visionnage du long métrage.

En outre, l’ambiance découverte dans la bande-annonce est retrouvée dans le film, une ambiance avec quelques moments surprenants et inquiétants. Seul le côté malsain n’apparaît pas vraiment dans la bande-annonce et se dévoile dans le film (exception faite de la fichue poupée apparaissant dans la bande-annonce).

Bref, elle a suffisamment montré pour que cela attise ma curiosité (preuve en est, je suis allée le voir), sans trop en dévoiler, ce qui peut rassurer les personnes qui ne supportent pas d’être spoilé.

Une belle interprétation des personnages dans Ghostland

Mylène Farmer : la mère protectrice

A première vue, on aurait pu penser que Mylène Farmer serait au centre de notre attention dans ce film car, finalement, elle est un des leviers promotionnels de l’œuvre cinématographique de Pascal Laugier. Cette chanteuse mystérieuse, qui suscite un certain émoi auprès de son public, peut en effet garantir un engouement qui peut certifier la présence en salle d’un public.
Néanmoins, cette chanteuse a un potentiel d’actrice que nous pouvons percevoir dans ces clips, toujours très travaillés. Le monde audiovisuel de l’étrange, qui plus est, ne lui est pas inconnu. Donc, en allant voir ce film, je n’étais absolument pas sceptique quant à sa potentielle bonne performance, même sans être une fan.

Clip de « City of Love », réalisé par P. Laugier (tiens, tiens) – Le déclencheur de la collaboration entre la chanteuse et lui pour Ghostland

Finalement, Pauline Keller n’était concrètement pas le personnage principal mais accompagnait Beth, sa fille, dans sa progression. Mylène était, je pense, une Pauline idéale : calme, tout en étant apparemment en capacité de défendre ses filles comme une lionne, avec une détermination sans failles.

Les sœurs face aux criminels

Beth et Vera Keller appelant à l'aide dans Ghostland
Beth et Vera appelant à l’aide ©Mars Films

 

Mais, en ce qui me concerne, j’ai été happée par la performance des 4 personnages les plus présents dans le film : les sœurs Keller (Beth et Vera) et les criminels (pour ne pas dire psychopathes). Lorsque je mentionne les sœurs, je pense à elles jeunes ET adultes.
Leur interprétation a été convaincante, et je pense notamment à Vera dans ses moments de crise d’hystérie ou alors aux deux hommes dont l’un est un travesti étant relativement maternel vis-à-vis du second, un individu pour le moins déséquilibré et adepte des poupées (à condition qu’elles soient silencieuses et qu’elles se laissent faire … je vous laisse deviner pourquoi).

Vous ressentez le malaise ? ©Mars Films

 

Quant au personnage de Beth, il me plaît particulièrement par sa capacité à s’inspirer de son imaginaire pour développer sa propre histoire, ce qui va être d’ailleurs la base d’un bien joli twist.

Quand un twist fonctionne (un tantinet de spoiler par ici)

Concrètement, quelques indices me faisaient comprendre que quelque chose clochait, notamment lorsque Pauline avait – à deux reprises si je ne m’abuse – demandé à Beth de ne surtout pas croire Vera. Pourquoi tant insister ?
Après la seconde fois où elle le dit, cela correspond à la scène où tout bascule. Beth est brisée et blessée (au sens propre comme au sens figuré) tout en entendant les appels de sa sœur, et après avoir constaté que sa mère n’est pas revenue. C’est à ce moment précis que mes soupçons ont été confirmées : quelque chose ne tournait pas rond mais sans en avoir une idée précise pour autant.

Par la suite, tout s’éclaire (et s’effondre) : Tout ce qui me semblait acquis tombe comme un château de cartes. On accumule les révélations, comprenant par la même occasion la raison des saccades dans la bande-annonce brouillant ainsi la chronologie de l’histoire mais aussi l’affiche (pour rappel : la jeune Beth maquillée comme une poupée). Si vous saviez comme ça me titille de tout révéler tant j’ai été sur le postérieur, notamment lorsqu’on comprend enfin le mode de fonctionnement de l’imaginaire de Beth.

Enfin bref. Ce twist m’a beaucoup plu et n’était pas prévisible par la bande-annonce ou alors, cela ne pouvait être qu’une théorie parmi tant d’autres.

 

J’ai apprécié le film malgré quelques scènes gênantes et désagréables. Le scénario me plaisait bien malgré des clichés du genre tel que la décoration glauque de la maison (poupées articulées anciennes, des breloques anciennes et de la taxidermie). Ce point est d’après moi du déjà vu, même si cela sert au scénario. Je me questionne : Est-ce que les véritables adeptes de l’épouvante sont satisfaits ? Est-ce que les effets employés suffisent à les surprendre ? N’hésitez pas à y répondre si vous vous sentez concerné.

[encadre]

Titre original : Ghostland
Réalisateur : Pascal Laugier
Acteurs / Actrices : Crystal Reed, Anastasia Phillips, Emilia Jones, Taylor Hickson et Mylène Farmer
Production : 5656 Films, Highwire Pictures, Inferno Pictures, Kinology et Mars Films
Genres : Épouvante, Horreur
Nationalité : Franco-canadienne

[/encadre]

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu